STALAG IIB   HAMMERSTEIN,   CZARNE en POLOGNE

CAMP de PRISONNIERS de GUERRE 1939-1945 en POMERANIE

 

Photo et texte  transmis par son petit fils

 

Damien MORELLE

 

Aimé MORELLE

 

n° 75377

 

Mon grand père Aimé Morelle faisait partie de la garde républicaine, il a été fait prisonnier près d'Amiens dans un champ alors qu'il tentait de se cacher avec d'autres camarades.

C'était le 20 mai 1940, il avait 28ans.
 
Il se rappelle avoir beaucoup marché après son arrestation, puis il a été mis dans des trains et a séjourné dans plusieurs camps avant d'arriver
le 
16 juin 1940 au Stalag IIB.

Les Allemands lui ont attribué le numéro de prisonnier :
75377 sous le grade de Unteroffizier.
 
Son témoignage sur son séjour est bref, voilà tout ce que je sais : 
 
A leur arrivée les prisonniers juifs ont été triés puis emmenés, personne ne savait pourquoi à cette époque.

Les débuts furent difficiles (j'imagine que l'adaptation à ce climat ne devait pas être très facile), mais ce fut un peu plus confortable par la suite car il pouvait recevoir des colis.
 
Mon grand père fut volontaire pour travailler dans des fermes, il y cultivait la pomme de terre. Il n'a jamais eu à se plaindre de mauvais traitements aussi bien dans le camp que dans les fermes. Ils réussissaient à faire des frites avec de la graisse qu'ils avaient récupérée je ne sais où...
 
Il disait aussi qu'il avait le droit de temps à autre de jouer au ballon dans le camp, et de se promener...

Par contre il se plaignait du froid de l'hiver, dans leur baraquement, il y avait plusieurs lits,  en bois, superposés, peu confortables.
 
J'ai une photo que je vous joins, on le voit (la 6ème personne en haut en partant de la droite) avec ses camarades le
18 avril 1941
. C'est une photo qu'il a envoyée à sa femme avec l'intitulé "souvenir de captivité."
 
Avec plusieurs de ses camarades, 18 mois après leur arrivée au camp, ils apprirent la nouvelle de leur libération, il n'a jamais compris pourquoi lui et quelques-uns de ses compagnons pouvaient partir alors que les autres sont restés 5 ans.

 

 

Voici une petite anecdote :
 
Vers les années 1968-69, mon grand père et mon père ainsi que le reste de la famille séjournaient chez des amis dans la Marne, et mon grand père racontait qu'il avait un de ses camarades du stalag qui habitait dans un village nommé Troissy.
Ils y allèrent, demandèrent à quelques personnes où se trouvait la maison de Monsieur Chopin.

Une fois trouvée, mon grand-père sonne, une dame lui ouvre la porte, il se présente en disant qu'il est un ancien compagnon de galère et du fond de la maison mon père et mon grand père ont entendu :

" Aimé c'est toi ? "...
Après 30 ans, il reconnait encore la voix d'un frère d'arme, on imagine que les liens qui se sont tissés en captivité doivent être... indestructibles.

 

Damien MORELLE

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